Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société. http://revues.mshparisnord.org/filigrane/favicon.ico Revue Filigrane http://revues.mshparisnord.org/filigrane/ 32 32 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel Filigrane se consacre à la musique considérée comme un champ de forces où s’élabore le sens, une activité métaphorique où l’homme emploie ses facultés à construire tant le monde que lui-même. Les sciences humaines y croisent donc naturellement la singularité de l’art. Filigrane souhaite aborder sans esquive les thèmes difficiles et épineux (politiques, sociaux, spirituels et intellectuels...) que rencontre la musique et, de ce fait, associe à ses réflexions des chercheurs de toutes disciplines aussi bien que des artistes. fr 21 avril 1967, 11 septembre 1973 : que peut la musique ? http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=899 Cet article se propose d’étudier le rôle de la musique (et du son) dans des conditions de détention politique. Il prend pour cadre la dictature des Colonels grecs (1967-1974), qu’il étend historiquement vers la guerre civile qui a précédé et, géographiquement, vers la dictature de Pinochet au Chili. Il évoque d’abord les usages néfastes de la musique et du son, qui visent à une désubjectivation des détenus ; il analyse notamment la musique sur commande, qui utilise négativement l’énergie de la musique en tant que musique, ainsi que les pratiques de torture sonore, qui se servent de la musique (ou du son) comme énergie acoustique. Puis, il s’intéresse aux rôles positifs de la musique, lors de son développement « libre » par les détenus, rôles où la musique peut consoler, aider à créer une communauté et à résister, divertir… Pour finir, il présente les 16 Chansons d’exil, un document encore peu connu, contenant des chansons de style rebetiko composées et enregistrées (clandestinement) en détention sous la dictature des Colonels. jeu, 04 avr 2019 00:00:00 +0200 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=899 Voces de la Rebeldía and Los Diablos Rojos de Víctor Jara: Remembering Chile’s Violent Past through Music and Dance http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=887 Cet article analyse deux initiatives fortes au Chili qui sont apparues séparément pour commémorer la dictature de Pinochet : le chœur d’anciens détenus politiques Voces de la Rebeldía (Voix de la rébellion), recréé après plusieurs décennies d’inactivité – il avait été fondé dans le centre de torture et d’interrogatoire Villa Grimaldi ; la troupe de performance de rue Los Diablos Rojos de Víctor Jara (les diables rouges de Víctor Jara ), formée de jeunes musiciens et danseurs pour honorer le musicien et directeur de théâtre assassiné. Tandis que le chœur s’est efforcé de garder vivante une activité qui fut cruciale à la survie spirituelle de ses membres en tant que prisonniers politiques et de transmettre à des publics contemporains les mémoires du contexte brutal où il est né, Los Diablos Rojos ont pris une direction de transformation esthétique, renouvelant l’héritage musical et politique de Víctor Jara, non seulement en gardant vivante la mémoire des victimes de l’époque de Pinochet, mais aussi en défiant les tentatives de criminaliser la contestation sociale.This article discusses two powerful initiatives in Chile that have emerged separately to commemorate the Pinochet dictatorship: the choir of former political prisoners Voces de la Rebeldía (Voices of Rebellion), re-created after four decades of inactivity since it was first founded in the torture and extermination centre Villa Grimaldi, and the street performance troupe Los Diablos Rojos de Víctor Jara (The Red Devils of Víctor Jara), formed by young musicians and dancers to honour the assassinated musician and theatre director. While the choir has focused on keeping alive an activity that was crucial to their spiritual survival as political prisoners and on transmitting to contemporary audiences the memories of the brutal background against which the original group was born, Los Diablos Rojos have taken a direction of aesthetic transformation, renewing Víctor Jara’s music and political legacy, not only keeping alive the memory of victims of the Pinochet era but also challenging attempts to criminalise social protests. mar, 02 avr 2019 00:00:00 +0200 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=887 Carmen Pardo Salgado, Dans le silence de la culture, Paris, Eterotopia France, collection Parcours, 2018 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=1018 Dans le silence de la culture est un essai de Carmen Pardo Salgado paru en 2018 aux éditions Eterotopia France dans la collection Parcours. Il s’agit de la traduction en français de l’ouvrage dont le titre original en espagnol est En el silencio de la cultura, publié en 2016 aux éditions Sexto Piso. Carmen Pardo Salgado, qui est Professeur titulaire d’histoire de la musique et d’esthétique de la musique contemporaine à l’Université de Girona (Espagne), est bien connue en France par son livre de 2007 Approche de John Cage : L’écoute oblique et tout autant par ses nombreuses interventions et articles publiés.Ce livre dévoile par couches successives une réflexion aiguë, subtile et admirablement documentée sur les liens entre l’art et le quotidien tout au long du XXe siècle jusqu’à nos jours. À travers les 210 pages du livre, Pardo Salgado aborde différentes directions et analyse plusieurs thèmes sur la notion de l’esthétisation du quotidien à partir des mutations socio-politiques et culturelles qui apparaissent dans les sociétés occidentales des XX-XXIèmessiècles. Le choix de l’auteure d’avoir une ligne historique détermine aussi la forme du livre qui est divisé en quatre parties, fréquemment connectées et interpolées, lesquelles sont respectivement intitulées : Nous flottons dans la mer de larmes de Cronos, Les lits de la mort, En rêvant avec Mickey Mouse, Notre nouvel infini.Dans les premières pages du livre nous suivons le regard silencieux de Francisco de Goya qui construit mar, 02 avr 2019 00:00:00 +0200 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=1018 Paysages sonores de/en guerre : esth(é)tique http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=876 Le Concerto Grosso Balcanico d’Arsenije Jovanovic constitue l’œuvre qui permet, dans cet article, de questionner les rapports entre l’esthétique et l’éthique des paysages sonores de et en guerre. Cette interrogation prend comme cadre conceptuel de référence la proposition de Nietzsche selon laquelle « notre sensibilité artistique est également une sensibilité morale ». À partir de cette affirmation, analysée dans l’introduction, le texte examine les paysages sonores en guerre et les paysages sonores de la guerre. Pour les premiers, sera mentionnée l’orchestration des bruits de la Première Guerre Balkanique réalisés par les futuristes et par Gustave Cirilli. Pour les seconds, l’œuvre de Jovanovic composée pendant la Troisième Guerre Balkanique permettra de montrer le passage de la réalité sonore de la guerre à sa transposition poétique à l’intérieur de la composition musicale. jeu, 21 mar 2019 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=876 No sound is innocent : Réflexions sur l’appropriation et la transformation de l’expérience sonore de la violence extrême http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=888 À partir de l’analyse de témoignages d’écoute dans des contextes de détention arbitraire et de violence extrême, cet article étudie les processus d’appropriation et de transformation de la dimension sonore ou musicale de ces événements. Il se base principalement sur le témoignage du journaliste britannique Sean Langan, retenu en otage au Pakistan en 2008, ainsi que sur des témoignages de plusieurs rescapé·e·s de l’attentat terroriste du Bataclan du 13 novembre 2015. Mobilisant une approche écologique de la perception du son, il s’agit d’explorer de quelle façon le sens octroyé à la musique et aux sons dépend fortement des conditions physiques, émotionnelles et sensorielles de l’écoute. Les conclusions soulignent l’importance des pratiques musicales dans les processus de reconstruction des rescapé·e·s ainsi que le rôle central de la perception sonore dans la compréhension et la mémoire des événements. Based on the analyses of aural testimonies within the context of arbitrary detention and extreme violence, this article examines the processes of appropriation and transformation of the sound or musical dimensions of these events. It is based mainly on the testimony of British journalist Sean Langan, who was held hostage in Pakistan in 2008, as well as testimonies of several survivors of the Paris Bataclan terrorist attack of 13 November 2015. Taking an ecological approach to sound perception, it explores how the meaning given to music and sounds depends strongly on the physical, emotional and sensory conditions of listening. The conclusions highlight the importance of musical practices in the reconstruction processes of survivors and the central role of sound perception in understanding and recalling events. jeu, 21 mar 2019 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=888 Musical subjectivity from sayable structure to sounding ethics in the Princeton school http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=889 Dans cet article, j’interroge la manière avec laquelle l’école de compositeurs-théoriciens de Princeton a transformé sa conception des limites et des objectifs du discours sur la musique, passant d’un souci intense de verbalisation de la structure musicale à un souci intense de sonder la situation morale et éthique de la musique. Je soutiens que pour intégrer le son de manière approfondie en tant qu’aspect explicite de leurs discours et de leurs pratiques musicales, l’école a dû abandonner sa conception scientifique antérieure du discours musical. En s'éloignant du scientisme et de la composition d'œuvres musicales, toutefois, l'école a radicalement réinventé la subjectivité musicale, abandonnant celle de membres appartenant à un cercle restreint de théoriciens hautement qualifiés et spécialiste de la structure musicale, pour adopter une subjectivité plus générale englobant le son tel qu’il est perçu et créé. Alors que la préoccupation première des compositeurs théoriciens de l’école de Princeton a toujours été la musique, j’affirme qu’un souci marqué de la moralité et de l’éthique oblige finalement à poser la question suivante: quel genre de vie musicale dois-je vivre ? La réponse : une vie en musique, dans le son, même dans la structure, et seulement secondairement dans le discours.In this article I discuss how the Princeton school of composer-theorists shifted its conception of the limits and goals of discourse about music from an intense concern with verbalizing musical structure to an intense concern with sounding out music’s moral and ethical situation. I argue that in order to accommodate sound thoroughly as an explicit aspect of their discourses and musical practices the school had to abandon their previous scientific conception of musical discourse. In moving away from scientism and composition of musical works, however, the school radically reimagined musical subjectivity as from members of a coterie of highly trained and specialized theorists of musical structure to a more generalized subjectivity embracing sound as heard and created. While the primary concern for the composer-theorists of the Princeton school was always music, I argue a pronounced concern with morality and ethics ultimately forces the question: what kind of musical life am I to live? The answer: a life in music, in sound, even in structure, but only in discourse secondarily. jeu, 21 mar 2019 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=889 Alvin Lucier, éthique et électricité http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=890 Le présent article décrit la problématique du compositeur américain Alvin Lucier, icône contemporaine, vis-à-vis du son dont il cherche à saisir la teneur, ou précisément la prise de son au travers le plus souvent de procédés d’enregistrement ou de feed-back. Œuvres faisant, Lucier interroge les technologies modernes et du rôle de l’électricité et, à ce titre, sa démarche s’avère éthique. La musique de Lucier opère ainsi comme un questionnement des médias utilisés tout comme une reconnaissance de leur importance dans une utilisation réfléchie. De plus, son art de la scène, plus communément appelé performance musicale, conduit à jeter le trouble sur des notions communes comme celle de lieu ou d’instrument et amène à reconsidérer les notions d’environnement ou de causalité. Or l’exposé tâchera d’en montrer l’intrication, Lucier appartient aussi à cette génération de baby-boomers qui accompagne de grands changements sociétaux aux États-Unis dans des années 1960 qui seront celles de fortes contestations tant politiques qu’artistiques, et qui verront une théorisation progressive de l’environnement comme l’influence de concepts « orientaux ». L’éthique sonore de Lucier peut interroger simultanément technologie ou media mis à l’épreuve, contestation du topos ou « lieu » habituel du son, science ré‑instillée par une approche poétique, ouverture à un usage plus personnel ou réapproprié du son. En postulant une continuité tout azimut par le médium électrique, Lucier se maintient dans une démarche très originale de composition où l’éthique du son constitue cette préoccupation prégnante de pouvoir l’aborder. jeu, 21 mar 2019 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=890 Éditorial http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=858 L’histoire du présent numéro est multiple. Elle combine un programme de recherches intitulé Vers une éthique du son. Une réflexion sur les usages du son, des journées d’études sur L’éthique du son et enfin un appel de la revue Filigrane sur le même thème. Les journées d’études se sont déroulées en avril 2018, la première à l’INHA (Paris), la seconde, sous-titrée Musique et dictature, à Athènes, dans les locaux de l’ancienne police militaire grecque, devenue musée – cette journée eut lieu à l’occasion des cinquante ans du coup d’État dit des Colonels en Grèce. Ces deux journées accueillirent les communications à l’origine des articles de Katia Chornik, Carmen Pardo Salgado, Makis Solomos, Luis Velasco-Pufleau et Juliette Volcler  (il y eut également des communications de Roberto Barbanti, Agostino Di Scipio, Anna Papaeti, Natassa Papadopoulou et Panos Charalambous). Le programme de recherches, lui, a eu lieu entre l’université de Valparaiso et l’Université Paris 8 (laboratoire Musidanse) durant 2017-2019, et il a donné naissance ici à l’article de Gustavo Celedón et Cristian Galarce. Enfin, suite à son appel, la revue a reçu plusieurs propositions et a retenu les articles de Nicolas Gauthier-Rahman, Scott Gleason et Alejandro Reyna. Le présent numéro publie un article hors-thème de Riccardo Wanke. Un dernier article reprend une conférence que Hildegard Westerkamp, pionnière de l’écologie acoustique, a donné à l’Université Paris 8, en mars 2016 ; s’il ne traite pas spécifique d mar, 12 mar 2019 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=858 La nature perturbatrice (disruptive) de l’écoute http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=860 Un véritable état d’écoute ne peut être acquis par la force. L’ordre d’écouter – ÉCOUTE ! –, que nous avons tous entendu et expérimenté, conduit à une fermeture, un éloignement, une non-écoute, peut-être même à une perturbation permanente de nos canaux d’écoute qui étaient auparavant ouverts et confiants. Il est perçu comme tout son qui agace, perturbe, fait mal ou blesse : on grince des dents, on essaye de l’ignorer, de le combattre ; on veut s’en débarrasser, cependant on ne commencera pas à écouter.Du fait de sa nature même, l’écoute est un processus incessant et doux d’ouverture. En général, nous sentons quand nous sommes dans cet état de réceptivité perceptive et nous savons quand nous l’avons perdue. L’écoute n’est jamais statique, elle ne peut pas être maintenue ; elle doit être continuellement redécouverte. En tant que telle, l’écoute est perturbatrice dans sa nature. Paradoxalement, alors qu’un état d’esprit posé et calme, un sentiment de sécurité, de paix et de détente sont essentiels pour inspirer l’éveil de la perception ainsi que la volonté et le désir d’ouvrir nos oreilles, les routines usuelles, les habitudes et les schémas seront perturbés et dévoilés dans un tel processus d’écoute ; les bruits et les états d’inconfort seront inévitablement remarqués, et toutes sortes d’expériences seront découvertes et testées. L’écoute implique en fait être préparé à répondre à l’imprévisible et au non-planifié, à accueillir l’importun. Comment atteignons-nous un tel état d’écoute, pourquoi le voudrions-nous ?A true state of listening cannot be acquired by force. The order to listen - LISTEN! we all have heard and experienced it - guarantees a closing off, a turning away, a non-listening, possibly even a permanent disturbance in our once open and trusting listening channels. It is perceived like any sound that annoys, disrupts, hurts, or injures: we cringe, we try to block it out, might fight it, may want to get rid of it, but we will not listen. By its very nature listening is a continual and gentle process of opening. We usually know when we are in that place of perceptual receptivity and we know when we have lost it. Listening is never static, cannot be held on to, and in fact needs to be found again and again. As such, it is disruptive in its nature. Paradoxically, while a grounded and calm state of mind, a sense of safety, peace and relaxation are essential for inspiring perceptual wakefulness and a willingness and desire to open our ears, normal routines, habits and patterns will be disrupted and laid bare in such a process of listening; noises and discomforts inevitably will be noticed, and all kinds of experiences will be stirred and uncovered. Listening in fact implies a preparedness to meet the unpredictable and unplanned, to welcome the unwelcome. How do we reach such a state of listening, why would we want to? lun, 11 mar 2019 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=860 Musique et expériences : éthique du partage des expériences dans Chantal, ou le portrait d’une villageoise de Luc Ferrari http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=891 À travers les questions de Luc et Brunhild Ferrari, lors d’une rencontre l’été 1976 dans les Corbières, Chantal nous raconte patiemment sa vie au village. Devant ses interviewers, elle modèle toute cette information sensible, qui provient du passé, sous forme de récit. Dans son effort pour ramener à l’actuel ce passé, avec le mouvement émotionnel entrainé en elle, Chantal attribue des mots aux sensations, ordonne à sa manière les évènements les uns derrière les autres, les articule dans la forme d’une histoire. Chantal s’engage alors humainement. Raconter ses expériences, ou celles qui nous ont été rapportées, constitue, d’après la pensée de Walter Benjamin (Charles Baudelaire: un poète lyrique à l’apogée du capitalisme, traduit par Jean Traduction Lacoste, Paris, France, Éditions Payot & Rivages, 2002, p. 155) : « La où domine l’expérience au sens strict, on assiste à la conjonction, au sein de la mémoire, entre des contenus du passé individuel et des contenus du passé collectif ». Cette idée implique, dans notre exemple, qu’il ne s’agit pas seulement de l’expérience individuelle de Chantal. Son récit met en jeu nos propres expériences qui résonnent à partir du vécu raconté de Chantal. Composer avec ces histoires, chercher une continuité entre ces vécus et une forme musicale supposent de la part de Luc Ferrari une démarche éthique : un effort pour construire un sens collectif à travers le partage des expériences subjectives. dim, 10 mar 2019 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/493/lodel/lodel/index.php?id=891