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Promenades urbaines
Savoir-faire et faire savoir

Yves Clerget
septembre 2011

Index   

Notes de la rédaction

L’article est le texte d’une conférence, partiellement réorganisé et révisé grâce à l’aide de Mme Aouregan Catherine. La mort inattendue de l’auteur, le 10 décembre dernier, l’a empêché de remanier personnellement ce texte. Pour cette raison, et par respect envers la pensée vibrante et multiforme de cet ami dont nous avons été privé trop tôt, le style oral du texte a été modifié seulement dans les cas où le clivage avec les attentes de l’écrit était trop profond. Que la publication de cet article soit non seulement l’occasion du surgissement de questionnements et discussions sur la relation entre éducation et architecture, mais aussi mon hommage à cette personne profonde, forte et courageuse – hommage pour le moins modeste si comparé à la richesse que l’amitié avec Yves, née dans le train Budapest-Berlin, a apporté dans ma vie. Sit tibi terra levis. AV

Texte intégral   

L’association « Les Promenades Urbaines »

1Dès 2001, un programme permanent de promenades urbaines ouvert à tout le public était pris en charge par l’association de l’Union régionale des Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE), de l’Institut français d’Architecture (préfiguration de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine) et du Centre Pompidou. Les orientations de base concernaient les croisements de regards, la démarche participative, active et thématique et l’inclusion de domaines très diversifiés ; de plus, les promenades concernaient des territoires où des associations locales pouvaient être mobilisées, autant pour servir de relais que pour une coproduction des actions menées (conventions, etc.).

2Le Centre Pompidou proposa alors, pour une meilleure lisibilité par le public et une meilleure répartition des tâches administratives et financières alors assumées à tour de rôle par les partenaires, de créer une association qui veillerait au développement des promenades elles-mêmes et à leur valorisation. Celle-ci fut créée le 22 janvier 2007.

3Les membres fondateurs en sont le Centre Pompidou, la Cité de l’architecture et du patrimoine, le Pavillon de l’Arsenal, les CAUE de l’Essonne et du Val de Marne. Ils furent rejoints par la suite par les associations « Pierre Riboulet »1 et « Àtravers Paris », le CAUE de Paris, Docomomo France2, Guiding Architects Paris3, Le Sommer Environnement4, la Maison de Banlieue et de l’Architecture5 et Petit Bain6.

4Très vite, la demande obligeant l’association à changer d’échelle, s’est posé la question de son développement ultérieur. Celui-ci s’organisa dans un premier temps autour de deux axes majeurs. D’un côté le développement du programme des promenades urbaines et leur communication, avec la mise en ligne d’un blog d’informations et la mutualisation de certaines actions par la mise en commun du travail déjà accompli pour réaliser les promenades, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles. De l’autre côté le développement d’une offre de formation, notamment à travers des contrats avec la politique de la ville à Paris (équipes de développement local et leurs partenaires associatifs).

5Confrontés à de nouvelles demandes et de nouvelles propositions, l’association a redéfini son mode de travail et ses objectifs : la capitalisation de l’expérience collective de plus de vingt ans a servi de base à la création d’un pôle de ressources et de compétences sur la promenade urbaine. Son développement s’inscrit dans le contexte dynamique et évolutif d’une reconnaissance de plus en plus explicite du rôle des promenades urbaines dans les processus de médiation autour de l’architecture, de la ville et du patrimoine urbain, tant dans les secteurs culturels, artistiques, touristiques que ceux relevant de l’éducation populaire, de la politique de la ville, de l’aménagement et du renouvellement urbain.

6Face à ces évolutions, la mission actuelle de l’association concerne une série d’activités et priorités telles que le développement de nouvelles promenades, la mutualisation d’informations, de ressources et d’outils, la production de fiches, de photos et d’enregistrements sonores et vidéo des promenades. À cela il faut ajouter l’intérêt dans la constitution d’un réseau de professionnels de la médiation dans les domaines de la ville, du paysage et de l’architecture, à travers un parcours de formation portant sur la compréhension du paysage et l’éclaircissement des problématiques posées par les changements actuels de l’espace urbain.

7Au sens général, il s’agit de mobiliser la promenade comme atelier de découverte de la ville et de ses nouveaux métiers (ville et mobilité, ville et éco-activité, ville et patrimoine, ville et vivre ensemble…), par la mise en place d’une plateforme numérique et d’une réflexion sur les nouveaux outils de la mobilité.

8Des opérations importantes ont déjà été menées en ce sens (ou vont l’être). Par exemple, un programme de promenades avec l’EPASA sur Nanterre-La Défense, des visites de la ZAC7 Clichy-Batignolles et de l’opération Paris Nord-Est avec la SEMAVIP8 et le Pavillon de l’Arsenal ont été mis en place en 2009 et 2010, avec une participation importante du public. En outre, il faut nommer au moins le cycle « Paris-Banlieue, d’une limite à l’autre » organisé avec le CAUE75 pour les 150 ans de l’agrandissement de Paris (27 promenades au total pour environ 1000 personnes) et les deux projets « Lire la ville à la Goutte d’Or », avec l’Inspection générale des écoles et les classes du quartier, et « Parcours Paysage », projet de formation monté avec le Centre de Valorisation des Ressources Humaines (CVRH) du Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement Durable et de la Mer à l’intention des personnels du ministère.

9Au-delà du simple programme commun de promenades urbaines, l’association s’attelle à la valorisation et au développement d’actions spécifiques menées en partenariat avec les nombreux acteurs du monde de l’urbain. En renouvelant les lieux, les regards et les approches, les promenades urbaines participent également à l’invention de nouvelles pratiques touristiques, éducatives et de formation. C’est vers ces nouvelles pratiques et ces nouveaux publics que l’association entend orienter son développement.

Du parti-pris de la promenade urbaine

10Avant quelques petits récits, riches en surprises, d’épisodes de l’histoire des promenades urbaines, je voudrais insister sur la méthode du recours systématique à l’entrelacement des regards sur la ville, et sur les dispositifs créés pour l’exercice d’une démocratie participative, autonome et ouverte.

11L’expérience prouve qu’il n’est pas possible de croiser de manière exhaustive tous les champs, compétences, avis sur une promenade, même si la problématique en est bien cernée. Néanmoins le principe même des promenades urbaines demande que l’on affirme d’abord la priorité de l’ouverture à ces mélanges possibles, intégrant même les interventions inopinées survenant lors de la promenade.

12Sont d’abord concernés les différents champs des connaissances scientifiques et techniques requis pour comprendre, gérer et transformer la ville : architecture, géographie physique et humaine, écologie et économie, sociologie et anthropologie, psychologie de l’espace, sciences de l’éducation, sciences politiques, sciences et technologies de la représentation, art et techniques de l’ingénieur, sans oublier évidemment l’histoire, plus ou moins lisible in situ, mais néanmoins sédimentée dans la chair même du paysage abordé lors de la visite.

13Cependant, la promenade urbaine fait d’abord appel aux acteurs de terrain, aux personnes en charge de l’action politique dans la ville, et surtout au regard des habitants et usagers, à leurs perceptions multiples : « citadins/citoyens ! », comme clamait le mot d’ordre de Citéphile9,

14La méthode adoptée est ouverte. La connaissance ne s’oppose pas au ressenti (surtout dans le champ qui touche à l’intime et aux identités) ou à l’interprétation toujours utile pour connaître notre point de départ. Aucun point de vue n’est a priori repoussé : charge à l’aventure de la promenade de confirmer ou d’infirmer les choses.

15Les principes sont donc simples : donner la parole à tous, laisser les choses advenir sans imposer un savoir abstrait, privilégier la découverte, l’investigation et l’appréciation ; à travers l’échange, on parvient à dégager les congruences et les incompatibilités, les points de vue collectifs et les appréciations individuelles, les mémoires subjectives d’autres lieux, à comparer l’ici et l’ailleurs afin de mieux comprendre son chez soi.

16En effet le rapport à la ville est d’abord un rapport sensible et subjectif au quotidien ; voilà pourquoi il est nécessaire de prendre une juste distance, ou plutôt un peu de hauteur, pour rejouer les scènes de la vie quotidienne avec tous leurs enjeux urbains omniprésents. C’est le principe même de la promenade urbaine avec son sémaphore de l’espace public (le mégaphone) qui crée l’espace de représentation nécessaire à la parole partagée.

17C’est donc à juste titre que le public est très demandeur de promenades urbaines avec des artistes. Leurs œuvres, véritables prismes à travers lesquels la vision se transforme et s’aiguise, questionnent nos perceptions par le décalage avec le quotidien (que ce soit le roman, les arts plastiques, la musique, le graphisme, la bande dessinée, le cinéma, la photo, la danse…). Il s’agit donc de participer à la construction de jugements et d’arguments nourris de la connaissance, de l’expérience et des perceptions des uns et des autres. Parfois même des conflits peuvent apparaître, ce qui peut nous amener à la mise en forme d’actions territoriales spécifiques et locales, relayées par le réseau des promenades urbaines à l’échelle métropolitaine.

18Nous ne reviendrons pas sur l’histoire de la pratique de la promenade qui a ses narrateurs, ses ouvrages philosophiques, ses récits, ses gens de lettres et ses artistes, ses multiples pratiques – des pèlerinages sacrés à la découverte solitaire, effrayante et fascinante d’une nature formidable, en passant par l’arpentage méthodique du militaire.

19Pour répondre à nos objectifs propres, nous avons opté pour une méthode privilégiant trois points de vue sur la déambulation urbaine : l’histoire et la géographie des lieux (comme reconnaissance du patrimoine paysager et bâti), la dérive urbaine psycho-géographique chère aux situationnistes et enfin la transformation moderne de la ville (en mouvement permanent dans le centre ancien comme en périphérie).

20Par la traversée du territoire et son observation, la promenade met à distance le terrain pour mieux le comprendre et ouvre ainsi sur la question du paysage, voire des paysages successifs que l’on parcourt, que l’on voit et que l’on découvre sous différents angles, à différentes échelles.

21Le paysan qui laboure, penché sur la terre, arc-bouté sur sa charrue, voit-il le paysage qu’il fabrique ? Toutefois, s’il arrête la charrue et monte sur la colline avec un groupe de visiteurs pour voir et montrer son œuvre, s’il partage et fait apprécier le travail qu’il a réalisé, il se peut qu’il transforme son pays en paysage.

22De même la promenade urbaine s’attache à faire paysage, dans une construction collective avec les acteurs de l’urbain d’ici ou d’ailleurs, intégrant non seulement la morphologie des sites ou le réseau hydrographique, mais aussi les constructions, habitations, ouvrages d’art, réseaux de transport de la métropole. Ainsi, comme le paysan de la fable, les promeneurs urbains peuvent appréhender par les sens et la marche (ce qui n’exclut pas d’y associer d’autres moyens de transport, et avec eux de découvrir le champ immense d’autres perceptions essentielles à la compréhension du paysage contemporain) les qualités de leur environnement urbain, et peut-être agir dans les transformations urbaines présentes et à venir.

23La notion habituelle de paysage suppose pourtant un regard cadré et posé sur un coin de territoire souvent idéalisé et nostalgique, une image de nature sauvage ou domestiquée, mais toutefois opposée à celle de la métropole bruyante et frénétique. La jouissance de cette utopie régressive se réalise lors des temps de loisirs par opposition à la ville et à la vie de tous les jours, au quotidien répétitif soi-disant privé de paysage, situé dans un univers bâti mutant, parfois hostile, parfois hospitalier, grandiose et banal, majestueux et ordinaire, mais que l’on ne voit plus car toujours saturé.

24Dans l’espace classique du paysage, la promenade se combine bien avec le dessin du parc, des domaines, jusqu’à l’espace national, le « pré carré » de Vauban. Les déambulations permettent d’y arpenter des territoires pour en saisir la quintessence, l’organisation, les perspectives, les reliefs et les lignes de fuite, en somme la composition ; nous sommes dans l’espace pictural.

25Les oxymores qui sont constituées par l’ajout du qualificatif « urbain » aux deux termes de promenade et de paysage (d’ailleurs fort critiqué), trouvent leur justification dans l’extension sémantique du mot urbain, qui relativise au XXIe siècle l’espace rural par un dépassement de la dialectique ville-campagne, ce qui change radicalement la donne quant au paysage découvert.

26Au fond, aller dans la forêt de Fontainebleau est devenu une histoire de l’homo urbanicus, de même que d’aller à Biarritz ou à Megève, à Palavas-les-Flots ou Merlin-Plage. En empruntant les cordons ombilicaux des réseaux interurbains (TGV, autoroutes), on ne quitte plus l’urbain, on ne parcourt plus la campagne, le pays (la France de la Nationale 7 a disparu) ; on reste dans un espace canalisé qui traverse, à bonne distance, quasi virtuellement, des pays/paysages de France.

27Voilà donc qu’à l’époque de la mondialisation l’espace-temps éclate. Les villes s’étalent, explosent et se fragmentent, les cartes isochrones ne sont plus qu’anamorphoses de l’espace réel, et les fractures sociales et territoriales se creusent, tout comme les inégalités à l’intérieur des territoires. La ségrégation sociale et spatiale se comporte comme un phénomène fractal, se reproduisant selon les mêmes modèles à des échelles de plus en plus petites, c’est-à-dire mathématiquement grandes.

28Cette complexité due à la fragmentation territoriale, ou plutôt aux fragmentations découlant des sédimentations fonctionnelles, ne peut être appréhendée qu’en arpentant ces paysages contemporains en permanente mutation, difficiles à lire, combinant plusieurs échelles spatiotemporelles et fonctionnelles. C’est à une lecture paysagère complexe qui utilise potentiellement tous les moyens de transports, et d’abord la marche prosaïque, concrète, corporelle, que nous sommes conviés pour découvrir, apprécier, jauger ou juger, s’effrayer ou s’émerveiller des qualités paysagères et urbaines des aventures territoriales qui naissent aujourd’hui et qui constitueront les paysages de demain, sauvages ou domptés, avec des critères renouvelés intégrant les ruptures d’échelles, même en centre-ville. Quant aux traitements des fractures territoriales, aller voir in situ est bien utile pour se former une idée du monde que nous construisons souvent à notre insu, avec ses délaissés, ses terrains vagues, ses zones interdites. Mais aussi pour connaître les pratiques habitantes et peut-être voir les évolutions de celles-ci quant à la responsabilité rendue aux citadins/citoyens qui devront être mieux informés, éduqués à la pratique collective et donc plus actifs dans la construction de leur cadre de vie, et dans les choix sociétaux qu’implique le traitement de ces coupures fragmentant et mettant parfois en pièce des territoires qui avaient souvent des qualités reconnues. Des solutions existent au cas par cas, il reste à les trouver et à les partager en vue de leur mise en œuvre. De nouveaux outils de représentation et de géolocalisation jouant avec le virtuel viendront nourrir les débats et susciter des solutions appropriées tout en renouvelant la perception du terrain.

29Nous avons en région parisienne des expériences singulièrement réussies de la rupture d’échelle : d’abord le scandale de la Tour Eiffel, considérée comme infâme et abominable, n’ayant pas sa place pérenne dans l’univers ordonnancé et calibré de Paris, un hors d’échelle insupportable ; ensuite, dernier des grands scandales parisiens contestant l’ordre académique, le Centre Pompidou, surnommé la « raffinerie » ou « Notre-Dame des tuyaux ». Dans les deux cas, on y voyait une rupture supposément démesurée d’avec les règles ; une obscénité de l’échelle et de la structure, conjuguée à un bouleversement du rapport dedans/dehors. Mais ces deux bâtiments considérés comme anachroniques et anatopiques sont devenues aujourd’hui des marqueurs de l’image symbolique de Paris. Pis, elles sont Paris, sorte de filet tendu d’en haut du ciel pour la tour Eiffel et praticable géant pour le Centre Pompidou. Non seulement on les voit de loin, mais on monte dedans pour voir la ville dans un mouvement ascendant à travers le prisme de leurs structures, les transformant en machines uniques à voir la mégapole : des « Vision machines » qui construisent un paysage singulier.

30La question des ruptures d’échelle n’est donc pas nouvelle, et leur force d’évocation en fait souvent des repères essentiels du paysage, qui peuvent même devenir des éléments phares de l’image d’un territoire.

31Il n’est pas innocent que les mots de paysage (à la polysémie foisonnante), de promenade (que l’on voudrait confiner dans le loisir et le dilettantisme de l’école buissonnière) et d’urbain (à l’expansion planétaire) aient tous des contours flous. Coquilles vides ? Mots creux, qui cachent une idéologie dominante ? Plutôt mots-carrefours, mots-collisions, riche fabrique de lieux communs et de représentations de soi face et avec les autres, une invitation au partage des expériences et des jugements.

32On essaie de démêler la pelote pour comprendre comment et quand ces mots prennent sens, deviennent opérationnels. Prenons l’exemple du logement social et des cités, aujourd’hui décriées, mais paradoxalement, pour certaines, reconnues par l’État comme patrimoine ; dans ce cas il s’agit de déterminer comment prennent corps les jugements qualifiant les territoires concernés et de les questionner in situ, avec les personnes concernées, c’est-à-dire les acteurs du lieu, mais aussi plus largement le public (qu’il s’agisse de modes de vie, d’esthétique, de sécurité, de propreté, d’équipement…), dans le jeu des pratiques sociales et des représentations qui les sous-tendent.

De l’éducation populaire à la ville dans le musée, au musée dans la ville

33Pour répondre à la question ci-dessus posée, les promenades urbaines et d’autres pratiques d’éducation populaire ou assimilées participent à la construction de jugements de valeur étayés par la démarche et l’exercice d’une démocratie locale en marche.

34Ceci nous replonge dans l’histoire des pratiques et des missions de service public dévolues depuis longtemps aux structures locales d’actions culturelles et sociales, histoire qui commence avec le Front Populaire, se poursuit après-guerre avec la naissance de l’éducation populaire, puis continue dans les années 70. La mission de ces structures étaient de mettre en place dans les ZUP10 des formes de démocratie participative, déjà appelées concertation.

35La mise en lumière des « besoins sociaux » des usagers nécessitait la création d’« espaces publics » (au sens fort de l’agora), lieux de débat et de confrontation, ainsi que de dispositifs de découverte des territoires et des hommes. Dans le meilleur des cas, culture savante et culture populaire se mêlaient, on réquisitionnait les savoirs et le savoir-faire des élus et experts de l’urbanisme, de l’architecture, voire des artistes ou des intellectuels, mais aussi des citoyens-habitants, reconnus comme experts de la maîtrise d’usage.

36Cette expérience largement oubliée de nos jours eut un impact décisif à l’époque de la critique des grands ensembles. Des architectes tels que Bernard Kohn et Lucien Kroll montaient des ateliers participatifs, comme à Louvain-la-Neuve ou à Roubaix avec le projet de l’Alma-gare piloté par l’Atelier Populaire d’Urbanisme, ou encore à Bologne où l’expérience de la restructuration du centre-ville était conçue et réalisée sous contrôle des habitants.

37Ce retour à la ville déjà constituée avec son système viaire comme modèle de l’urbain n’est pas sans risque d’utopie régressive, en premier lieu dans le cadre d’une architecture de promoteurs. La nostalgie du passé guette et pour la guérir il faudra toute la force d’architectes innovants comme Pierre Riboulet, Jean Renaudie, Roland Simounet, Renée Gailhoustet… pour combiner les charmes de la ville ancienne avec une certaine conception de la modernité y compris dans les modes de vie, dans la relation au végétal et aux espaces publics.

38C’était l’époque triomphante de la Confédération syndicale du cadre de vie et de l’Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale, toujours actives aujourd’hui. Les ancêtres des promenades urbaines cherchaient à décaler le regard, à prendre de la distance, de la hauteur, pour mieux se saisir des enjeux urbains quotidiens. Il suffisait parfois de faire le tour de son quartier et d’aller rencontrer des associations d’autres quartiers de sa ville pour comprendre et prendre position sur les enjeux de sa cité. Un grand classique était par exemple le voyage à Grenoble, où le maire avait mis en place les Groupes d’action municipaux et crée « la Villeneuve » (aujourd’hui en « crise ») avec le quartier de l’Arlequin, aux espaces publics généreux, multifonctionnels, espérant permettre à la population de changer son cadre de vie et de créer des liens de solidarités et de loisirs partagés.

39Le paysage urbain n’était pas absent, d’ailleurs il ne l’est jamais pour les habitants participant à ces actions. Il prend corps dans les narrations mises en commun des perceptions du quartier, croisant les points de vue subjectifs et les connaissances scientifiques et techniques. Dès que l’on définit un quartier et ses limites, on définit un fragment territorial, qui prend place dans un paysage plus large.

40Prendre de la hauteur pour mieux voir et comprendre son territoire, c’est aussi ce que proposa Patrick Geddes avec l’Outlook Tower, tour observatoire pour l’éducation du grand public, « sorte de musée et d’espace pédagogique créé dans la vieille ville d’Édimbourg, avec l’intention d’y mettre en place une sorte de laboratoire d’analyse du progrès social et de la compréhension sociale »11.

41La permanence du regard porté sur la ville depuis l’Outlook Tower montre combien est importante la relation à l’in situ pour la compréhension et les discussions sur l’urbain vécu au quotidien. Les techniques de la représentation des bâtiments et des ouvrages d’art utilisées par les professionnels puis engrangées dans les musées et les archives ne suffisent pas. Le paradoxe de la discipline de l’architecture, voire de ce tout qui concerne l’urbain, étant que la réalité tangible, matérielle, n’est pas que dans les cartons d’archives ; les œuvres construites, telle une cartographie borgésienne, se situent dans leur lieu et nulle part ailleurs, c’est-à-dire n’importe où sur la planète.

42A priori, pour le public le véritable musée des œuvres construites est l’ensemble des territoires qui les accueillent, avec leurs paysages, voire la planète entière. Le visiteur, chaussant les bottes de sept lieues, jouant au marquis de Carabas, peut dire : « Tout ce que je vois depuis cette colline est dans mon musée », et l’horizon fuit toujours…

43La structure muséale proprement dite devient le réceptacle d’objets témoins, de traces de projets réalisés ou non (dessins, maquettes, photographies, plans d’exécution…), de références en interrelation, d’un ensemble de dispositifs de représentations choisis pour faire sens et histoire de la discipline. Mais même s’ils sont partie intégrante de l’œuvre voire œuvres en eux-mêmes, ces objets sont surtout des liens, des rappels, des informations s’inscrivant dans un hypertexte dont la localisation, au fond, importe peu : avec l’évolution des technologies de l’information, ils pourraient très bien être numérisés et consultables à distance, pourquoi pas in situ.

44Ainsi, l’autonomie qu’acquiert l’œuvre par les différents types de représentations conservées et consultables à distance permettrait, comme dans tout musée, de comparer, évaluer, théoriser et apprécier le dessin/dessein de l’architecte, en comprenant la genèse des projets. Nous assistons à une inversion de la fonction traditionnelle du musée, retourné comme un gant, le développement d’un musée virtuel venant consolider la conservation et la présentation des œuvres.

45À terme, cela devrait modifier profondément les pratiques des visiteurs de musée comme sur le terrain, notamment avec les systèmes d’information géographiques et les cartographies numériques en temps réel. Pourtant, alors que « tout » devient accessible, le musée, réenchanté, est libéré de la fonction documentaire des bâtiments construits, et retrouve son rôle : présenter à l’admiration du public les œuvres matérielles de papier et de carton représentées par les dessins originaux, les plans-reliefs…, expériences sensibles dont la matérialité s’accommode mal d’une représentation virtuelle, et qui ne sont pas transportables in situ.

46Ces questions se sont posées d’abord au Centre Pompidou et ensuite à la Villette, à la future Cité des Sciences et de l’Industrie, qui devait comporter un thème « Construire » et une composante transversale « Ville. Implosion, explosion urbaine, développement et avenir des mégalopoles ».

47En 1985, le président de l’Établissement Public du Parc de la Villette, Paul Delouvrier – qui avait, en 1965, déterminé le schéma directeur de la région parisienne avec ses parcs, ses villes nouvelles, ses infrastructures de transports – me disait à peu près ceci, concernant la présence des thèmes « construire » et « ville » à la Cité des Sciences en gestation (je cite de mémoire, après relecture de notes et confrontation avec des témoins de ces discussions à l’époque) :

« Vous savez, Clerget, vous n’avez pas de chance d’être le chargé du thème “Construire”. Je suis passionné par les questions urbaines et l’urbanisme, j’ai accumulé quelques compétences dans ces domaines, alors si vous le voulez bien nous aurons des discussions régulières sur la façon de s’y prendre pour mettre la ville et ses habitants en exposition ; ce ne sera pas facile, c’est de la vie quotidienne des gens qu’il s’agit. Vous seriez dans un autre champ, la génétique par exemple, vous auriez la paix, mais là c’est différent ».

Même si vous n’avez pas beaucoup de manip’ au musée [éléments d’exposition interactifs], vous aurez toujours les territoires, bien ou mal aménagés, et vos visites de terrains, vos découvertes de l’environnement construit, et aussi la rencontre avec les gens qui y vivent. Mais il faut que la vie et la ville se conjuguent, et de cela nous sommes responsables ; il n’y aura de ville que lorsque les cimetières seront pleins et que l’histoire aura fait son travail. Les villes nouvelles que nous avons programmées puis commencées à construire n’en sont qu’à leurs débuts. Il y aura bien des choses qui feront leur histoire, et qui marqueront leur paysage et leur identité ».

Si le thème “Construire” se réduit au musée national des sciences des techniques et de l’industrie, qu’à cela ne tienne, vous aurez le bâtiment lui-même [l’actuelle Cité des sciences et de l’industrie] comme élément d’exposition de votre thème construire, et aussi le parc de la Villette, Pantin et Aubervilliers tout proches, la place du Colonel Fabien et Sarcelles, ou encore le paysage sur les canaux qui traversent le parc à aller voir et à montrer ; il suffirait d’un lieu ressource dans le parc pour présenter les grands enjeux métropolitains, coordonné à vos visites qui doivent être très diversifiées. Il vous faut une sorte d’observatoire permanent de la métropole / mégalopole ».

Mais allons déjà rencontrer les élus des collectivités territoriales proches pour des actions communes lors du prochain Ville-été [grande fête populaire sur le chantier de la Villette] : cela pourrait changer la donne ; les responsables culturels de ces deux communes limitrophes du même bord politique ne se connaissent même pas. Il faut désenclaver, il faut que l’on passe allègrement le boulevard périphérique dans les deux sens, pour élargir les horizons, par exemple en faisant une simple promenade à pied ou en vélo, franchissant agréablement la limite pour aller au travail ou faire ses courses, pour assister à un concert à la future Cité de la musique ou à la salle de rock prévue, ou encore pour assister à une pièce au théâtre d’Aubervilliers. L’Est parisien, assez déshérité, a lui aussi droit de cité, de la banlieue vers Paris ou de Paris vers la banlieue. Pour nous, c’est l’une des priorités majeures de notre mission que d’ouvrir généreusement le parc à tous, de créer des équipements centraux de grande qualité en périphérie, d’ailleurs toute relative, y compris et d’abord pour les publics proches : du 19e arrondissement de Paris et des communes de la banlieue proche. Moi quand j’étais jeune, les gens de Paris passaient les boulevards des maréchaux, allaient passer du bon temps à Nogent, à Suresnes ; imaginez donc une Île-de-France avec tous ces lieux de loisirs redéployés et équipés de toutes les technologies modernes pour le plaisir de tous ».

Il faut toujours penser que nos actions culturelles doivent s’adresser aussi bien à Boulogne qu’à Billancourt, d’autant plus quand il s’agit de thèmes touchant à l’urbain ; vous savez bien, qu’en la matière je tiens beaucoup à l’interdisciplinarité. Mais il faut aussi aller sur les terrains d’opération (et même en amont, avant leur programmation) pour faire les constats de ce qui marche et de ce qui ne marche pas pour changer les choses. Innover collectivement n’est pas chose facile en matière urbaine. Pour avoir de grands desseins et arriver à quelques chose, il faut se laisser le temps de la gestation, avoir une grande liberté créative avec le moins de contraintes possibles (excepté celles que nous imposent l’inscription dans un site bien réel, bien arpenté et choisi pour sa beauté paysagère dictée par le génie du lieu, du site et de la commande pour laisser libre cours à son imagination) ; ne pas se laisser enfermer dans un règlement a priori, dans le carcan des idées toutes faites ; laisser germer les idées neuves que l’on souhaite voir réalisées ; beaucoup écouter, les uns et les autres, les faire s’écouter, tous ces acteurs d’un même projet – d’ailleurs ce mot d’acteur, très pratique, n’existait pas quand j’ai commencé à travailler sur le schéma directeur. Et bien ces acteurs, il faut tous les mobiliser ; ne croyez pas que je parle seulement des opérations d’urbanisme, je parle de tout le monde urbain, c’est une question de culture politique et urbaine à développer chez nos concitoyens ».

Ce qui reste à penser, c’est l’apprentissage de la lecture de la ville. Il faudrait que toutes ces activités puissent être connues et développées, que tous les acteurs soient reconnus et entendus ; il faudrait donc faire un observatoire de la ville, ou des villes, comme centre d’échange des pratiques, équipé d’outils cartographiques et fréquenté par des personnes aux compétences très différentes, tête de pont pour les promenades auxquelles vous tenez tant. J’ai l’idée de proposer un tel équipement dans le Parc de la Villette. N’oubliez pas les médias, et la future chaîne culturelle européenne en gestation, qui pourraient suivre des itinéraires conçus par nous ».

48Ce projet ne vit pas le jour. Plus tard, dans les années 1990, on envisagea un observatoire des villes du monde sur le toit de l’arche de la Défense, puis une Fondation Européenne de la Ville et de l’Architecture (FEVA) à Lille, qui n’eurent pas plus de suite. Paris, Bordeaux, Lyon, Lille eurent bien leur centre de présentation des projets architecturaux et urbains, mais sur le plan national il faudra attendre la préfiguration de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine (vers 1998) pour relancer le débat et la programmation alors que seul le Centre Pompidou continuait ses missions originelles concernant ces domaines, associé à ses partenaires dont les CAUE.

Promenades architecturales, littéraires et urbaines

49Ce furent les personnes en charge de la pédagogie de l’environnement qui reprirent le flambeau, en créant les « graines », les « maisons de la nature et de l’environnement » liées aux structures d’éducation populaire comme « les petits débrouillards » pour les domaines scientifiques. Beaucoup de leurs actions se déroulaient en plein milieu urbain.

50Il se posait alors la question de définir l’éducation à l’environnement urbain : s’agissait-il de la prendre au sens large et d’intégrer toutes les composantes de l’environnement urbain (y compris l’architecture, l’urbanisme, les paysages urbains, la politique de la ville, les questions sociales et de société, le vivre ensemble… ) ou s’agissait-il plutôt de se limiter aux questions de nature en ville, d’écosystèmes, d’écodéveloppement, d’énergie et de déchets ?

51L’initiative militante prise de créer Citéphile comme « réseau d’éducation à l’environnement urbain » a marqué une grande ouverture, croisant les regards de plusieurs compétences ministérielles : non seulement l’Environnement mais aussi la Culture (paysage, patrimoine et architecture), les Affaires Sociales, la Politique de la Ville, Jeunesse et Sport. L’organisation du réseau était régionalisé par la création des « Vivacités » en région, aujourd’hui toujours en fonctionnement en Ile-de-France et dans le Nord-Pas de Calais. De nombreux séminaires, riches en questions posées et re-problématisées, ainsi que des communications sur des expériences exemplaires eurent lieux ; les actes en sont encore disponibles. Évidemment la question des promenades urbaines était une question récurrente dans ce mouvement fondateur d’une transdisciplinarité active et éducative. Nous leurs en sommes grandement redevable que ce soit pour les contenus, la diversité des approches, les débats pédagogiques et les réflexions théoriques toujours articulées à la pratique.

52Les promenades urbaines actuelles sont le fruit de l’expérience acquise depuis 1987, à l’occasion de l’exposition Le Corbusier, dans la conception, l’évaluation et la valorisation de divers types de promenades. Celles-ci, organisées d’abord pour les adhérents du Centre Pompidou par le service “ Liaison-Adhésion ”, ouvrirent la voie, bien plus tard, à un développement vers d’autres publics (voire leur reprise dans les diverses offres pédagogiques du Centre Pompidou). Ainsi, pendant les premières années furent mis en place pour des adhérents privilégiés divers programmes de promenades non renouvelables : par exemple une saison de promenades littéraires sous l’égide de la BPI12 ou encore le programme annuel des promenades architecturales. La satisfaction était grande, car cela correspondait évidemment à une attente très profonde concernant le besoin d’aller sur les lieux (« l’in situ de visu » bien concret mais aussi utilisant l’imaginaire partagé des lieux et croisant les différents champs de la création), ainsi qu’au désir de rencontres exceptionnelles.

53Vers 1994, au moment de la Grande Exposition de la Ville, les promenades devinrent urbaines, et l’on a pensé en « renouveler » certaines. Mais elles devaient être retravaillés et adaptées dans le cadre de convention avec des partenaires locaux.

54S’est alors posée la question de la synergie de deux approches différentes. Tout d’abord articuler les promenades avec l’actualité des expositions du Centre Pompidou, une évidence pour l’architecture, le design et le graphisme dont la compréhension par un détour sur le terrain n’est plus à démontrer ; les expositions d’arts plastiques, de photos et de vidéos ne sont pas en reste et, comme on l’a vu, permettent une lecture sensible, croisée/décalée, de l’environnement et des paysages urbains, sonores et visuels. Au même temps, le Centre Pompidou c’est aussi un bâtiment dans une ville : les collections du musée, la BPI et le Département du Développement Culturel sont tous aussi interrogés par la question urbaine et peuvent donc nourrir la programmation des promenades urbaines.

55L’articulation fut menée à son terme et les nouvelles promenades urbaines remportèrent une grande adhésion de la part de nos partenaires pour qui le Centre était d’abord un lieu qui posait la question du mélange des genres et qui donc pouvait faire tomber les œillères des disciplines, décaler les points de vue pour apprendre à regarder le « chez soi » avec un autre regard.

56Certaines de ces promenades furent réutilisées et valorisées à d’autres fins et avec d’autres publics, pour d’autres actions – ainsi avec des formations en direction des enseignants, des opérations de jumelages de classes 75/93 : chaque classe devait présenter son quartier à l’autre classe sous forme de promenade, après échange et préparation collective. Ou encore des actions menées de concert avec des collectivités territoriales et des structures sociales et culturelles locales comme Grigny… Outre l’intérêt pédagogique de travailler à l’insertion des arts à l’école, le Centre Pompidou poursuivait sa mission de croiser arts et cultures et de conjuguer, avec les enseignants et les élèves, les différentes disciplines de la création. Tout naturellement l’académie de Créteil qui était pilote sur les questions d’éducation à la ville (l’opération « Lire la ville » et l’organisation du festival de la ville dans Créteil en sont des exemples) nous demandait d’être membre du comité de pilotage du nouveau Pôle National de Ressources (PNR) Ville – architecture – patrimoine.

57C’est dans ce cadre qu’a été pensé et réalisé le DVD « Explorateurs de limites », portant sur la question cruciale des limites en ville à travers une série de promenades filmées. Quelles sont les limites, les frontières, les passages qui ont un sens en ville ? Et pour qui ? Pour quoi ?

58Les promenades à pied, en train, ou en bateau répondaient différemment à toutes ces questions et entre autre à la perception de la limite entre le 75 et les départements limitrophes. Cette zone, autrefois fortifications et zone non-aedificandi, a été le support de quantités de projets, la plupart du temps non-réalisés. C’est qu’elle constituait tout au long du XXe siècle la principale réserve foncière de l’agglomération, jusqu’aux projets de tours voulus par M. B. Delanoë. Ces territoires représentent un véritable collage de terrains vagues, de projets avortés, de parcs et jardins conformes à la volonté de réaliser une ceinture verte autour de Paris, de grands ilots de HBM et du boulevard périphérique, sans parler de tous les grands équipements qui y ont pris place (églises, stades, hôpitaux…) ; la découverte de ces lieux est l’occasion de faire une double revue de projet ou l’on peut découvrir tant ceux réalisés que ceux que nous ne verrons jamais. Ces derniers peuvent même parfois sembler meilleurs, avec comme exemple le projet de Le Corbusier au bastion Kellermann).

59Le croisement des thématiques et des compétences qui fabriquent l’urbain se retrouve également partout où il y a des enjeux métropolitains, à la périphérie de Paris comme dans le quartier Halles-Beaubourg, ou ailleurs en l’Ile-de-France, voire en des lieux plus lointains mais plus proches en temps grâce aux transformations spatiales induites par les moyens de transports rapides, qui révolutionnent la question des limites urbaines et modifient la forme même de l’espace (Sénart, Marne-la-Vallée, Senlis, Creil, Reims).

Notes   

1  Association en hommage au travail de l’urbaniste et architecte P. Riboulet (1928-2003).

2  Section française de l’association internationale « DOcumentation, COnservation of buildings, sites and neighbourhoods of the MOdern MOvement ».

3  Réseau international de guides d’architecture délivrés par des architectes, historiens de l’architecture et écrivains.

4  Bureau d’études sur les questions relatives à l’amélioration de la qualité de l’environnement dans le cadre urbain.

5  Association se définissant comme « centre d’interprétation de l’environnement urbain, du patrimoine en banlieue et de l’architecture » à travers la présentation d’expositions, publications et une panoplie d’activités culturelles diversifiées.

6  Espace polyfonctionnel flottant sur la Seine.

7  Zone d’Aménagement Concentré.

8  Société d’économie mixte d’aménagement de la Ville de Paris.

9  Association et réseau national d’éducation à l’environnement urbain née en 1991.

10  Zones à Urbaniser en Priorité.

11  Tom Steele, Elisée Reclus and Patrick Geddes, Geographies of the mind, the regional study in the global vision, publication électronique, disponible via www.haussite.net/haus.0/SCRIPT/txt2000/04/reclus_geddes_X.HTML.

12  Bibliothèque Publique d’Information, au sein du Centre Pompidou.

Citation   

Yves Clerget, «Promenades urbaines
Savoir-faire et faire savoir», Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société. [En ligne], Numéros de la revue, La responsabilité de l'artiste, La responsabilité de l'artiste, mis à  jour le : 25/10/2012, URL : http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php?id=538.

Auteur   

Quelques mots à propos de :  Yves Clerget

Yves Clerget (Sézanne, 1951 – Paris, 2011) a été le fondateur de l’association Promenades Urbaines et responsable de la pédagogie de la ville, de l’architecture et du design auprès du Service de l’information des publics et de la médiation du Centre Pompidou. Une notice biographique complète peut être trouvée à l’adresse www.promenades-urbaines.com