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Éditorial

Makis Solomos et Gustavo Celedón
mars 2019

Index   

1L’histoire du présent numéro est multiple. Elle combine un programme de recherches intitulé Vers une éthique du son. Une réflexion sur les usages du son, des journées d’études sur L’éthique du son et enfin un appel de la revue Filigrane sur le même thème. Les journées d’études se sont déroulées en avril 2018, la première à l’INHA (Paris), la seconde, sous-titrée Musique et dictature, à Athènes, dans les locaux de l’ancienne police militaire grecque, devenue musée – cette journée eut lieu à l’occasion des cinquante ans du coup d’État dit des Colonels en Grèce. Ces deux journées accueillirent les communications à l’origine des articles de Katia Chornik, Carmen Pardo Salgado, Makis Solomos, Luis Velasco-Pufleau et Juliette Volcler  (il y eut également des communications de Roberto Barbanti, Agostino Di Scipio, Anna Papaeti, Natassa Papadopoulou et Panos Charalambous). Le programme de recherches, lui, a eu lieu entre l’université de Valparaiso et l’Université Paris 8 (laboratoire Musidanse) durant 2017-2019, et il a donné naissance ici à l’article de Gustavo Celedón et Cristian Galarce. Enfin, suite à son appel, la revue a reçu plusieurs propositions et a retenu les articles de Nicolas Gauthier-Rahman, Scott Gleason et Alejandro Reyna. Le présent numéro publie un article hors-thème de Riccardo Wanke. Un dernier article reprend une conférence que Hildegard Westerkamp, pionnière de l’écologie acoustique, a donné à l’Université Paris 8, en mars 2016 ; s’il ne traite pas spécifique d’éthique, cet article en pose les conditions, pourrions-nous dire.

2Voici le texte de l’appel, qui correspond en partie au programme de recherches ainsi qu’au texte programmatique des journées d’études :

3« Le son accompagne aujourd’hui la vie des hommes comme il ne l’a jamais fait auparavant : du fait de la généralisation des moyens de reproduction sonore, notre environnement sonore s’est considérablement accru, pour le meilleur comme pour le pire. De même, dans la musique, la dimension proprement sonore est devenue – à travers les questions du timbre, du bruit ou de l’espace et du lieu, et grâce au développement intense des technologies du son – la dimension première du musicien, compositeur ou interprète, ainsi que de l’auditeur.
C’est pourquoi les musiciens et les artistes sonores, tout comme les musicologues, les anthropologues, les sociologues, les philosophes… de la musique développent une nouvelle conscience du son, de sa présence accrue ainsi que des implications de cette présence. Il est notamment question de la force et de l’impact du son sur l’environnement naturel, sur le milieu social ainsi que sur l’individu – tant sur son corps que sur son psychisme. Cette prise de conscience oriente les recherches vers une éthique du son et de la responsabilité de l’artiste. On pourra penser à l’utilisation de la musique et du son dans la vie quotidienne : à leurs usages thérapeutiques, mais aussi à la pollution sonore ou au lavage de cerveau des environnements sonores artificiels (publicités, environnements virtuels…). On pensera également aux situations extrêmes : utilisation de la musique et du son à des fins de torture, bombes sonores… Bien entendu, la question se pose avec tout autant de force dans les projets artistiques mêmes. Force de subjectivation, de construction du sujet, le son peut tout autant être mis au service de la désubjectivation, de la dissolution du sujet. Il est donc important que les acteurs de la musique et des arts sonores en prennent conscience et développent ce débat éthique ».

Citation   

Makis Solomos et Gustavo Celedón, «Éditorial», Filigrane. Musique, esthétique, sciences, société. [En ligne], Numéros de la revue, L'éthique de la musique et du son, mis à  jour le : 03/05/2019, URL : http://revues.mshparisnord.org/filigrane/index.php/docannexe/image/516/docannexe/image/493/index.php?id=858.

Auteur   

Makis SolomosGustavo Celedón