Cultures-Kairós http://revues.mshparisnord.org/filigrane/favicon.ico Revue Filigrane http://revues.mshparisnord.org/filigrane/ 32 32 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos Cultures-Kairós, revue d'anthropologie des pratiques corporelles et des arts vivants fr Repenser les subalternités : des Subaltern Studies aux animalités http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1719 L’objet de cet article est de repenser les subalternités en les extirpant du cadre historiographique et sociologique auxquelles elles sont souvent assignées ; par-là même, de concevoir l’hégémonie dans une perspective qui inclut tous les modes de domination basés sur une hiérarchisation arbitraire mais naturalisée : la race, la classe, le genre, la caste, la religion, mais aussi l’âge, la condition physique, la taille, le lieu d’habitation, la localisation géographique, l’éducation, la langue, et enfin l’espèce. Nous nous interrogerons ainsi sur les « diverses modalités d’être au monde » (Chakrabarty 2000) en nous intéressant aux langages et aux univers sémiotiques non-humains, dans un but à la fois militant et de défi épistémologique : face au plus « autrui des autrui » (Levi-Stauss, 1973) qu’est l’animal, qu’il soit domestique, d’élevage ou sauvage, quelle est la limite de l’hégémonie de l’espèce humaine, perçue comme opprimante par de nombreux mouvements antispécistes ? Un tel détournement de la question subalterne, spécifique à l’oppression de classe et l’oppression coloniale, est-il légitime dans le cas de la question de l’espèce, comme elle fut légitimée, bien que de manière marginale, dans le cas de la question du genre ? Comment, enfin, mener une réflexion où la question du langage est cruciale dans un contexte où les langages sont inintelligibles, où le subalterne peut certes parler mais ne peut pas être compris ? En d’autres mots, jusqu’où peut-on concevoir la subalternité et penser la différence ?The purpose of this article is to rethink subalternities by removing them from the historiographical and sociological framework to which they are often assigned ; thereby, to consider hegemony in a perspective that includes all modes of domination based on a naturalized hierarchy : race, class, gender, caste, religion, but also age, physical condition, size, place of residence, geographical location, education, language, and even species. We will thus examine the "multiple ways of being in the world" (Chakrabarty, 2000) by focusing on non-human semiotic languages and universes, with a both militant and epistemological purpose : regarding animal, that Levi-Stauss (1973) defined as the “most other between the others”, where are the limits of human’s hegemony, perceived as oppressive by many antispecies movements ? Can such an appropriation of the subaltern question, theorized by the Subaltern Studies, be legitimate in the case of the species’ issue, as it has been legitimized, albeit marginally, regarding the gender’s issue ? How, finally, is it possible to elaborate such a reflection where the question of language is crucial, in a context where languages are unintelligible, where the subaltern can certainly speak but cannot be understood ? In other words, how far can one conceive subalternity and think difference ? mar, 11 déc 2018 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1719 Les subalternes, peuvent-elles/ils (parler) être écouté-e-s ? http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1713 Le présent dossier comprend une partie des résultats des travaux, des débats et des réflexions développées lors des séminaires organisés par le groupe de recherche FIRA – Frontières identitaires et Représentations de l’altérité à la MSH Paris Nord de 2015 à 2017. Ceux-ci avaient été suivis par l’organisation de la Journée d’étude du 15 juin 2017 – Les subalternes, peuvent-elles/ils (parler) être écouté-e-s qui est à l’origine de ce dossier. Cette Journée d’étude visait, dans un premier temps, la mise en perspective et l’approfondissement de la réflexion avancée dans le projet de recherche du groupe FIRA. Elle s’appuyait sur le courant théorique critique latino-américaine de la décolonialité pour proposer, dans le sens d’Anibal Quijano (2000, 2007), d’Enrique Dussel (1977) et de Walter Mignolo (2011) : la décolonisation de toutes les perspectives de connaissance eurocentrées afin de s’ouvrir vers une « géopolitique des connaissances » et de toutes les dimensions de la conscience. D’après ces auteurs, la « différence épistémique coloniale » permet de faire émerger le lieu d’énonciation, des narratives historiques et culturelles, de la pensée et de la production du savoir afin de déconstruire en restituant et en reconstruisant une approche critique alternative capable d’être actualisée et/ou [re]élaborée dans les différents domaines de la vie et de la recherche en sciences sociales. Walter Mignolo écrit :The process of colonial expansion that began in the sixteenth century run p mar, 11 déc 2018 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1713 La construction des discours sur la ville, entre production urbaine et subalternité interne http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1732 Dans cet article, j’explore l’articulation entre des constructions discursives relevant d’une subalternisation de sujets internes à la société et la production des métropoles contemporaines. Mon analyse d’une condition de « subalternité métropolitaine », issue de mes recherches de doctorat, s’insère dans la réflexion des études postcoloniales et subalternes. Dans le processus de production hégémonique de la ville, les pratiques populaires sont utilisées par les groupes dominants comme argument de délégitimation des populations pauvres. Le récit étant l’un des instruments indispensables de ce que j’ai appelé « urbanisme de la globalisation », c’est à travers celui-ci que le discours sur la ville se propage et prend sa force délégitimante. J’analyse cette version urbaine d’une domination de type orientaliste, et comment ce discours, qui se veut universel, se heurte aux pratiques et aux appropriations « par le bas » des groupes subalternes. La « condition subalterne » révèle une assignation identitaire exogène, attribuée à une minorité par une majorité dominante. Cependant, l’optique orientaliste nous apprend que c’est justement l’existence de cette minorité qui remet en cause l’universalisme de la condition dominante. Dans ce sens, les pratiques des groupes subalternes peuvent être lues comme les signes d’une production « postcoloniale » de la ville, qui fait pression sur l’urbanisme dominant.In this paper, I explore the articulation between discursive constructions related to a subalternization of subjects internal to society and the production of contemporary metropolises. My analysis of a condition of "metropolitan subalternity", resulting from my doctoral research, fits into postcolonial and subaltern studies. In the process of hegemonic production of the city, the dominant groups use popular practices as an argument of delegitimization of the poor. Since the narrative is an essential instrument of what I have called "globalised urban planning", it is through this that the discourse on the city spreads and takes its delegitimizing force. I analyse this urban version of an orientalist type of domination, and how this universal discourse faces the practices and appropriations "from below" by subaltern groups. The "subaltern condition" reveals an exogenous identity assignment attributed to a minority by a dominant majority. However, the orientalist theory argues that it is precisely the existence of this minority that challenges the universalism of the dominant condition. In this sense, the practices of subaltern groups can be read as signs of a "postcolonial" production of the city, which puts pressure on the dominant town planning. mar, 11 déc 2018 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1732 Race and Subalternity in Post-Soviet Space: The Absence of Labor Migrants’ Voices in Contemporary Russia http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1744 Après la fin de l’Union soviétique, beaucoup de migrants en provenance des anciennes républiques soviétiques sont venus en Russie à la recherche de meilleurs salaires pour finalement se retrouver en position de subalternes. L’abus courant de leurs droits s’illustre de manière évidente de par leurs conditions de travail dangereuses, les accidents fatals fréquents et la violence des groupes profascistes prenant pour cibles les nouveaux arrivants, et, quelques femmes migrantes ont été victimes du trafic sexuel. Malgré la diversité religieuse et ethnique des migrants, les médias non-officiels représentent les travailleurs migrants comme une race et des « Autres » qui représentent une menace d’une identité russe. Cette représentation par les médias non-officiels constitue un discours de racialisation, dont le racisme est normalisé dans la conscience publique par un manque de contestation contre la discrimination, ainsi que le silence courant des migrants issu de la peur et de l’intimidation. Néanmoins, les circonstances de la mort d’un bébé de 5 mois, Umarali Nazarov, a mis à jour la violation des droits humains par les autorités russes. Umarali, un bébé nourri au sein de sa mère, a été tiré des mains de ses parents pour être placé dans un hôpital pour orphelins où il est soudainement mort le soir même, le 13 octobre 2015. Sa mort est un symbole des abus endurés par les travailleurs migrants, et a ému beaucoup de membres de la communauté de la diaspora Tadjike à Saint Pétersbourg au point de les conduire à participer aux actions de protestation contre la discrimination, à acquérir une voix, et à lutter pour leur dignité et la reconnaissance de leurs droits humains.After the end of the Soviet Union, many migrants from former Soviet republics came to work to Russia in search of a better pay to find, however, themselves in the position of subalterns. The widespread abuse of their rights is evident in unsafe working conditions, periodic fatal accidents and violence which pro-fascist groups target at newcomers. Some women migrants had become the victims of sex trafficking. The non-official media represent labor migrants as a race and the “Others” threatening the Russian identity despite ethnic and religious diversity of the migrants. The discourse of racialization defines their representation by the non-official media. A lack of protest against discrimination normalizes racism in the public consciousness. Due to fear and intimidation, the common reaction of migrants to this was silence. Nonetheless, circumstances surrounding the death of a five-month-old boy Umarali Nazarov has not just revealed the everyday violation of human rights by the Russian authorities. Umarali, a breast milk-fed baby, was taken from the hands of his parents to be placed in a hospital for orphans where he suddenly died on the same evening of October 13, 2015. His death symbolized abuses which labor migrants endure, and it has also stirred many members of the Tajik diaspora in Saint-Petersburg to participate in the actions of protest against discrimination, to acquire their voice, and to struggle for their dignity and the recognition of their human rights. mar, 11 déc 2018 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1744 Le corps : un enjeu socio-racial à prendre en compte dans les études afro-diasporiques. Une brève étude à partir de la littérature et de recherches anthropologiques. http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1753 Cette contribution vise à montrer les enjeux épistémologique et méthodologique des corps racialisés dans une recherche relative aux sociétés afro-diasporiques ou africaines. Ces dernières demeurent marquées par des héritages coloniaux de plus en plus impensés ou normalisés. Basée sur le croisement réflexif d’expériences de terrain anthropologique au sein de communautés afro-diasporiques (principalement au Mexique et en Amérique Latine) et l’analyse de productions littéraires (orales et écrites) élaborées par des populations afro-diasporiques, nous nous proposons de rendre compte des transversalités coloniales au sujet du corps noir très souvent neutralisées dans la recherche. Notre texte insiste sur le corps comme producteur de connaissance à partir d’une perspective critique décoloniale. En effet, il s’agit de revenir sur l’essor de la pensée coloniale triomphant dans la racialisation et de ses effets dans les discours sur le corps, la démarche réflexive, de rendre compte de la dilution de frontière entre sujet et objet, de pratiquer un décloisonnement disciplinaire en tenant compte autant de données empiriques que littéraires.This contribution aims to show the epistemological and methodological dimensions of racial bodies in a research about afro-descendent communities or African societies. The latter remain marked by colonial legacies increasingly unthought or standardized. Based in a comparison of reflexive experiences of anthropological fieldwork in afro-diaspora (mainly in Mexico and Latin America) and the analysis of literary productions (oral and written) elaborated by afro-diaspora communities, we propose to account for colonial transversalities concerning the black body very often neutralized in research. Our text insists on the body as a producer of knowledge from a decolonial critical perspective. Indeed, it is a question of returning to the rise of triumphant colonial thought in racialization and its effects in discourses on the body, the reflective process, to account for the dilution of boundaries between subject and object, and of practicing a decompartmentalization disciplinary taking into account as much empirical data as literary. mar, 11 déc 2018 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1753 Dires et paroles subalternes / 13 minutes d’écoute. Agentivité et volonté de puissance http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1764 Lors de la 15° édition de la Fête Littéraire Internationale de Paraty (FLIP 2017) au Brésil, Diva Guimarães (77 ans, femme, noire, brésilienne, professeure d’éducation physique) esquisse sur son intervention de 13 minutes en tant qu’auditrice, un acte social événementiel. Cette intervention a touché profondément le public présent en devenant par la suite virale sur les réseaux sociaux. Le but de cet article est de restituer, puis de situer et de positionner cette intervention en soulignant les aspects [inter]subjectives de son discours ainsi que le choix de ses dires et paroles en tant qu’actes de résistance. Nous posons deux questions centrales : (a) les stratégies et les tactiques discursives mises en pratique par Diva constituent-elles des « pensées frontalières » indépendantes et capables de transformer et de nourrir une certaine « singularité épistémologique de la position autonome du sujet « subalternisé » ? ; (b) a-t-elle pu relever son défi réflectif à partir de son action de résistance au-delà des contraintes des relations raciales idéalisées de la société brésilienne ? En suivant la proposition du courant critique latino-américain de la décolonialité, ainsi que quelques apports des études subalternes, nous montrons comme les dires et paroles de Diva s’ouvrent sur des nouvelles rationalités capables de [dé]construire, de résister, de subvertir et/ou de constituer des nouveaux modes de savoir et d’être dans l’espace-temps présent.During the 15th International Literary Festival of Paraty (FLIP 2017) in Brazil, Diva Guimarães (77 years old, woman, black, Brazilian, physical education teacher) sketches upon an intervention of 13 minutes as an auditor, a factual social act. Her speech touched the public profoundly and went viral on the networks thereafter. The aim of this article is to restore and then locate and position the [inter]subjective aspects of her underlying discourse, her dires and paroles’ choices as acts of resistance. Two main questions are advanced: (a) Are Diva’s strategies and tactics constitutive of independent “borders thinking” capable of nourishing and transforming a certain “epistemological singularity for an autonomous position of the “subaltern subject”? (b) Was she able to raise her reflective challenge from her act of resistance beyond the “idyllic” Brazilian race relations constraints? Following the premises of the Latin American mainstream critique, the decoloniality, as well as some of the premises of the subaltern studies, we try to show how Diva’s dires and paroles can open a whole new range of rationalities based on [de]constructing, resisting, subverting, and/or constituting new ways of knowing and being in the present space and time. mar, 11 déc 2018 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1764 Éloge des marges : re(ading)tours sur des pratiques minoritaires dans le milieu académique http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1774 #A-parté Dans son célèbre texte de 1989, bell hooks abordait d’une façon inusuelle la question de la marginalité. A travers sa lecture de la marge comme espace de résistance et lieu radical de possibilité, elle nous offrait une vision empowering de la marginalité, vu comme espace de création et non de soumission. Ce renversement du point de vue permettait de penser la marge comme un espace à habiter, dans lequel trouver sa place, où rester et non comme un espace de transit pour atteindre le centre. Il s’agit d’un changement épistémologique fort parce que cette idée transforme les marges en espaces de création, de partage, d’élaboration de stratégies collectives, de contre-espaces (Foucault, 1984) d’élaboration de façons différentes de vivre le monde. La marge comme espace contre-hégémonique est le lieu de la mise en commun des expériences, des conditions, des parcours de vie. La marginalité devient alors non seulement un lieu privilégié de création mais aussi un lieu qui offre un point de vue sur le monde capable de rendre visible l’invisible, de dénaturaliser les processus intériorisés, un lieu où voir les mécanismes qui rendent fonctionnel le système dominant. Un lieu de contre-attaque pour contre-attaquer : la marge devient l’espace privilégié d’élaboration de micro-politiques à diffusion virale. Voix off. (musique play), bell hooks (1989, p. 148-149) : « These margins have benn both sites of repression and sites of resistance (…). I am located in the margin. I make a defi mar, 11 déc 2018 00:00:00 +0100 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1774 Nombrar y ocultar : algunas reflexiones entorno del mestizaje y las poblaciones afrodescendientes en México. http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1620 Ce texte a pour objet la présentation de quelques réflexions sur les enjeux posés par l'étude du racisme envers les populations afro-descendantes dans le contexte mexicain, où le métissage est à la fois une catégorie qui décrit et cherche à expliquer l'ensemble des dynamiques complexes de l'échange social tel qu'il a eu lieu dans l'histoire, et une catégorie hermétique qui fait partie de l'idéologie de la nation, incorporée jusque dans les expériences quotidiennes de ces populations, et devenue subtilement l'articulateur de relations sociales racialisées.Un bref récit de la participation des populations afro-descendantes montre les processus intenses d'échange social durant la période de la Vice-Royauté. D'autres éléments expliquent comment, dans le Mexique du XIXè siècle, la présence des populations afro-descendantes est réduite à l'invisibilité, fait d'autant plus intensifié de par sa relation avec le processus de construction du métis comme facteur principal de la constitution de l'identité mexicaine, et le développement du racisme envers ces populations. De là, le texte s'attache brièvement au début du XXè siècle, moment où s'instrumentalise l'idéologie du métissage comme discours de l'identité nationale. Dans ce cadre, je réfléchis aux enjeux qui supposent d'étudier le racisme au Mexique, et surtout d'identifier les spécificités que le racisme adopte envers les personnes afro-descendantes dans ce pays. En guise de conclusion, je propose quelques réflexions sur le processus d'articulation politique des communautés afro-mexicaines, et comment leurs revendications de reconnaissance juridique, contre le racisme et la discrimination, a creusé la mise en question du métissage comme idéologie.The purpose of this text is to present some reflections on the challenges posed by the study of racism towards people of African descent in a context such as the Mexican one in which mestizaje is at the same time a category that describes and seeks to explain a set of complex dynamics of social exchange occurred in history and at the same time a hermetic category that is part of the ideological gear of the nation, which has been incorporated into the daily experience of people and that has subtly become an articulator of racialized social relations.A brief account of the participation of people of African descent in the vice regal period is given, which shows the intense processes of social exchange that took place during the period. Also, some elements about the 19th century in Mexico are shown and explain how in this period the presence and participation of the Afro-descendant population is made invisible, with special emphasis on the relationship that this has with the process of construction of the mestizo as a primordial factor in the constitution of the Mexican identity and the development of racism in particular towards this sector of the population. Likewise, brief attention is given to the beginning of the 20th century, as this is the moment in which the ideology of miscegenation is implemented as a discourse of national identity.In this framework, we reflect on the challenges of studying racism in Mexico and, above all, identify the specificities adopted by racism towards people of African descent in this country. In conclusion, references are offered on the process of political articulation of Afro-Mexican communities and how their claim for legal recognition and against racism and discrimination has deepened the questioning of miscegenation as an ideology.Este texto tiene por objeto presentar algunas reflexiones en torno de los retos que supone el estudio del racismo hacia las personas afrodescendientes en un marco como el mexicano en el que el mestizaje es al mismo tiempo una categoría que describe y busca explicar un conjunto de complejas dinámicas de intercambio social ocurridas en la historia y al mismo tiempo una categoría hermética que hace parte del engranaje ideológico de la nación, que ha sido incorporada a la experiencia cotidiana de las personas y que sutilmente se ha convertido en articuladora de relaciones sociales racializadas.Se ofrece un breve recuento de la participación de personas africanas y afrodescendientes en el período virreinal que permite figurar los intensos procesos de intercambio social ocurridos en el período. También se aportan elementos sobre el siglo XIX en México y cómo en este período se invisibiliza la presencia y participación de la población afrodescendiente, con especial énfasis en la relación que esto tiene con el proceso de construcción del mestizo como factor primordial de la constitución de la identidad mexicana y el desarrollo del racismo en particular hacia este sector de la población. Asimismo se atiende brevemente a los inicios del siglo XX pues es el momento en el que se instrumenta la ideología del mestizaje como discurso de identidad nacional. En este marco se reflexiona acerca de los retos que supone estudiar el racismo en México y sobre todo identificar las especificidades que adopta el racismo hacia las personas afrodescendientes en este país. A manera de conclusión se ofrecen referencias sobre el proceso de articulación política de las comunidades afromexicanas y cómo su reclamo de reconocimiento jurídico y contra el racismo y la discriminación ha profundizado la puesta en cuestión del mestizaje como ideología. ven, 25 mai 2018 00:00:00 +0200 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1620 Le Métissage au Brésil : des Interprètes, des Controverses, et des Philosophies de l’Histoire http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1667 On s’occupe, dans ce papier, des formes que prend le métissage blanc-noir dans les Amériques du Nord et du Sud (surtout en fait du contraste entre les États-Unis et le Brésil) et les relations sociologiques qui s’en suivent. Adoptant certains concepts de Franz Fanon, Mary Douglas et Roger Bastide, on veut reconnaître, dans le métissage qui a eu lieu en Amérique du Nord, un caractère « métaphorique », exacerbant la tension du couple « pureté et danger » et le symbolisme négatif du noir. En revanche, au Brésil, c’est un métissage « métonymique » qui aurait prévalu, sous l’influence de la famille patriarcale et « polygame » d’origine musulmane ou catholique (malgré la doctrine officielle de l’Église), tout plein de gradations et gouvernée par une étiquette subtile qui permet la négociation des identités et des rapports sociaux qui lui sont associées. On examine les idées de certains des principaux auteurs qui l’ont étudié, tout en reconnaissant, dans leurs travaux, un gilbertofreyrécentrisme, positif ou, souvent, négatif. Néanmoins, la différence entre ces deux formes de préjugé, tout en ayant de conséquences sociologiques bien différentes, est plutôt de degré que d’essence, le Brésil restant toujours une « leucocratie » sur les plans sociopolitique et symbolique.The subject of the paper is the contrast in White-Black miscegenation between North and South-America, especially so between the United States and Brazil, with the marked sociological differences associated with this contrast. Borrowing some concepts from Frantz Fanon, Mary Douglas and Roger Bastide, the author wishes to attribute a “metaphorical” character to miscegenation and prejudice in the United States, leading to the exacerbation of both the Douglassian contrast between “purity and danger” and of the negative symbolism of the black color. In Brazil, on the other hand, a metonymical kind of prejudice has prevailed, under the remote influence of Islamism and (often unofficial) Catholicism. This metonymic system of race relations is full of gradations and allows, in actual practice, the negotiation of racial identities, under an elaborate, if unstated, code of etiquette. The ideas of some of the main theoreticians of the Brazilian system of race relations are examined and a kind of Gilberto Freyrecentrism, positive or negative, is recognized in many of them. Yet, the difference between the two forms of racial prejudice, in spite of their quite different sociological consequences, is rather one of degree than of kind and Brazil remains largely a leucocracy both at the symbolical and the sociopolitical planes.O assunto deste trabalho é o contraste entre a miscigenação Branco – Negro na América do Norte e na América do Sul, sobretudo entre os Estados Unidos e o Brasil. Adotando conceitos derivados de Frantz Fanon, Mary Douglas e Roger Bastide, o autor atribui um caráter “metafórico” à miscigenação e ao preconceito nos Estados Unidos, levando à exacerbação tanto do contraste douglasiano entre “pureza e perigo” como do simbolismo negativo da cor negra. Já no Brasil, prevalece uma espécie de preconceito metonímico, sob a influência remota do Islã e – de maneira extra-oficial – do Catolicismo. O sistema metonímico está cheio de gradações e permite, na prática, a negociação das identidades raciais sob um elaborado, embora muitas vezes implícito código de etiqueta. O texto também se volta para as ideias de alguns dos principais teóricos do sistema brasileiro de relações raciais. Uma espécie de gilbertofreyrecentrismo, positivo ou negativo, sendo reconhecido em muitos deles. Entretanto, as diferenças entre as duas formas de preconceito, apesar de suas bem diferentes consequências sociológicas, é mais de grau do que espécie. O Brasil não deixa de ser uma grande leucocracia, nos planos simbólico e socio-políticos. ven, 25 mai 2018 00:00:00 +0200 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1667 Présentation : À la recherche des pouvoirs critiques du métissage http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1708 Ce numéro 8 de la revue Cultures-Kairós présente les réflexions de plusieurs chercheurs données lors du Symposium International « ‘Métissages’. Conflits épistémologiques, sociaux et culturels aux Amériques et aux Caraïbes », tenu les 9 et 10 décembre 2015 à l’Université Fédérale de Pernambuco (UFPE, à Recife/PE, Brasil). Organisée par Laure Garrabé (DAM/PPGA, UFPE), cette rencontre a bénéficié des soutiens financiers de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord (USR 3258, CNRS/Université Paris 8/Université Paris 13) et du Conselho Nacional de Desenvolvimento Científico e Tecnológico (CNPq), ainsi que de l’appui logistique du Programa de Pós-Graduação em Antropologia (PPGA) et du Departamento de Antropologia e Museologia (DAM) de l’Universidade Federal de Pernambuco (UFPE).À la recherche des pouvoirs critiques du métissageL’objet du colloque « ‘Métissages’. Conflits épistémologiques, sociaux et culturels aux Amériques et aux Caraïbes », tenu à l’Université Fédérale de Pernambuco en décembre 2015, portait initialement sur les pouvoirs critiques des champs sémantiques, symboliques et expressifs des « métissages » tels qu’ils ont été construits notamment depuis leurs expériences américaines et caribéennes, plutôt que sur les (in)validités de la notion per se. L’objectif de cette rencontre internationale en présence de chercheurs confirmés en provenance du Brésil, du Canada, de la Jamaïque, de Martinique et du Mexique, ne portait pas sur les disputes rhétoriques, à savoir quell ven, 25 mai 2018 00:00:00 +0200 http://revues.mshparisnord.org/cultureskairos/index.php?id=1708